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Le témoignage de Jean – Pierre Guyomarc’h, entraîneur de l’équipe de France de pentathlon

 / Interviews

Le Réseau Grand INSEP est allé à la rencontre de Jean-Pierre Guyomarc’h, entraîneur de l’équipe de France de pentathlon moderne à l’INSEP. L’un des grands artisans de la dynamique positive du collectif France dans cette discipline olympique a répondu à nos questions sur les jeunes athlètes, le Réseau Grand INSEP au service du pentathlon et les pistes d’amélioration en vue des futures échéances…

Le suivi des deux médaillés du Réseau Grand INSEP aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 

Pour ce qui est de nos deux médaillés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, Ugo Fleurot et Emma Riff, ce sont des performances que la Fédération a vraiment voulu mettre en valeur. C’était une première pour le pentathlon de faire un doublé, c’était remarquable et c’est arrivé dans un contexte où nous, les seniors, avions été une équipe très compétitive sur la saison. On a été nommée meilleure nation mondiale par la Fédération Internationale et ces résultats chez les jeunes ont vraiment validé une année assez exceptionnelle pour le pentathlon français.

En ce qui concerne ces deux jeunes, suite aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, Ugo est retourné dans son Pôle à Aix en Provence. Il passe son bac S cette année et l’on envisage son entrée à l’INSEP pour la rentrée prochaine. Il avait déjà fait un stage avec l’équipe de France sénior à Font Romeu avant de participer à ces JOJ. C’est un stage qui lui a été très bénéfique car il s’est bien intégré dans le groupe. Début février, la Fédération lui a une nouvelle fois permis de venir à l’INSEP pour s’inclure dans le collectif France et prendre des infos sur son futur double – projet. C’est quelqu’un qui a un profil intéressant pour nous : il est encore jeune et on doit le laisser grandir à sa vitesse mais il est à suivre attentivement parce qu’il n’a pas de point faible. Ce sera bien sûr difficile pour lui de se faire une place dans ce groupe France qui est très performant mais son entrée à l’INSEP a déjà été actée.

Pour ce qui est d’Emma Riff, elle avait pour sa part eu son bac avant les Jeux Olympiques de la Jeunesse. Elle a choisi de faire une année de transition pour améliorer son anglais et est donc partie à Bath, en accord avec la Fédération Anglaise de pentathlon, et peut profiter de leurs infrastructures pour s’entraîner. Elle s’est greffée au groupe anglais et a l’objectif de revenir bilingue.

Elle aussi, son entrée à l’INSEP a déjà été actée. On l’a reçue au mois de novembre pour un stage, elle a pris des informations sur son double-projet et doit venir le mois prochain pour une semaine de travail axée sur l’équitation. Emma a également un profil très intéressant, en plus du fait qu’elle arrive dans une période où l’équipe est composée de peu de filles : sur seize athlètes, il n’y a que cinq filles… En sachant qu’après les Jeux de Tokyo 2020, il devrait y avoir du mouvement et il y aura de la place pour elle dans ce collectif sénior. Elle est intéressante parce que très performante en course et en natation, des sports où il n’y a pas d’incertitudes : étant encore très jeune, elle va forcément progresser dans les épreuves techniques en arrivant à l’INSEP et ses performances vont s’améliorer. Elle est dans les temps de passage pour faire une belle carrière séniore. Tout est déjà organisé pour que sa rentrée sur le Pôle se passe bien en septembre prochain.

L’intégration au collectif France au sein de l’INSEP

Quand ils vont intégrer l’INSEP, ils seront intégrés au Pôle sénior malgré leur très jeune âge. Dans ces cas-là, les athlètes sont inclus directement au collectif France. On parle de collectif France parce que nous avons mixé l’équipe masculine et celle féminine depuis Rio 2016. Ce qui est une vraie réussite : l’ensemble du staff s’occupe d’un collectif mixte et met en place des entraînements qui sont communs. On est très heureux des résultats de ce fonctionnement.

Pour les jeunes qui rentrent, c’est vrai que c’est difficile. Il y a l’éloignement avec la famille, la charge d’entraînement qui est plus élevée, le fait de rentrer dans un collectif où ils ne sont plus les meilleurs, contrairement à lorsqu’ils étaient dans leurs CREPS… Heureusement, on a en pentathlon une filière d’accès au haut niveau très performante, n’ayant pas d’autre choix que d’être très élitistes. Les athlètes comme Emma ou Ugo, qui viennent d’excellents Pôles et d’excellentes structures, sont clairement prêts à intégrer l’INSEP et le collectif. Ils sont habitués à des entraînements biquotidiens, à une grosse charge de travail…

La première année doit tout de même rester une année de transition avant qu’on ne leur mette plus de pression au niveau des résultats. Comme je le disais, il est important de laisser grandir les jeunes à leur vitesse, sans griller les étapes car c’est le meilleur moyen d’être contre-productifs. Pour être clair, l’objectif de ces deux athlètes est Paris 2024. Par rapport à la course à la sélection et aux places qui vont être attribuées à Tokyo 2020, ils ne seront pas présents à ces Jeux Olympiques. Par contre, ce sont deux athlètes qui sont déjà ciblés et identifiés pour les Jeux de Paris 2024.

On assume d’être une Fédération très élitiste, resserrée sur ses meilleurs éléments. On a une filière d‘accès au haut niveau très pertinente et on sait détecter très rapidement les athlètes qui vont être capables de performer. On fait en sorte de ne pas les perdre en route, en leur laissant le temps de grandir. Notamment grâce à l’appui des Pôles et du Réseau Grand INSEP, à Aix en Provence ou à Font Romeu par exemple, où ils peuvent suivre leur apprentissage vers le haut niveau. Notre système reste fait pour que tous les sportifs qui sont performants puissent avoir leur chance s’ils la méritent.

Le Réseau Grand INSEP au service du pentathlon moderne

La pluridisciplinarité de notre sport et les limites de nos moyens financiers nous amène à régulièrement utiliser les ressources du Réseau Grand INSEP.

A commencer par l’INSEP, qui pour moi fait partie bien entendu du Réseau Grand INSEP… Les résultats que l’on obtient sont fortement liés à la qualité des installations et à leur unité de lieu. Les équipes étrangères viennent de plus en plus souvent s’entraîner avec nous pour bénéficier de ce cadre totalement adapté aux contraintes de notre discipline.

Le département haut niveau nous permet d’organiser le double projet de nos athlètes en individualisant au mieux leurs parcours de formation.

Le département performance est un interlocuteur privilégié au niveau de l’aide à l’entraînement et de la prise de décision.

Nous avons construit avec l’IRMES une base de données depuis 2013 qui nous permet de mieux analyser les résultats de nos athlètes mais aussi de nos principaux concurrents.

L’UAP nous accompagne au niveau de la préparation physique et de la préparation mentale. L’unité de réathlétisation nous permet une prise optimale de nos athlètes après les blessures. Enfin le département de la recherche et de la diététique accompagnent nos athlètes pour optimiser la récupération.

On sollicite également énormément d’autres structures du Réseau Grand INSEP : depuis 2007, on travaille sous forme de convention avec l’Ecole Nationale d’Equitation de Saumur sur le Pôle France. L’équipe de France s’y rend chaque année au cours de blocs de 2 ou 3 jours et les athlètes montent à cheval toute la journée. C’est un travail pour nos athlètes élites qui arrive en réel complément de ce que l’on fait au cours de l’année avec la Garde Républicaine à Paris. Benjamin Sanson notre référent et entraîneur à l’ENE travail en étroite collaboration avec notre staff.

Depuis plus de douze ans, on fait également la majorité de nos stages de préparation au CNEA de Font Romeu ou nous pouvons utiliser les installations du pôle espoir Pentathlon. Nous avons aujourd’hui nos habitudes sur ce site aussi bien l’hivers pour le ski de fond que l’été pour nos préparation terminales. L’unité de lieu des installations nous permet de s’entraîner dans les meilleures conditions avec un accueil totalement adapté aux exigences du haut niveau.

Depuis 2008 nous avons effectué 5 stages au CREPS Antilles – Guyane sur la période de janvier axés principalement sur la course, la natation et la préparation physique. On est déjà en train de construire avec l’équipe dirigeante du CREPS notre prochaine venue qui s’inscrirait dans la préparation des Jeux Olympiques. Ce stage au soleil à cette période de l’année est toujours très apprécié par les athlètes….

Cette année, pour la première fois, nous ferons notre stage terminal de préparation aux championnats du Monde au CREPS de Boulouris. Depuis le mois d’octobre je suis en relation avec le responsable du haut niveau pour organiser un stage adapté à notre discipline et tout semble déjà en place pour nous accueillir dans les meilleures conditions.

Nous utilisons aussi le CREPS Bordeaux – Aquitaine pour organiser des stage escrime pour nos filles en collaboration avec le pôle escrime. Le niveau est très intéressant pour nous et on peut travailler avec des clubs locaux comme celui de Talence.

Il y a une très bonne relation entre les CREPS et le pentathlon. Tout se met toujours rapidement en place. L’organisation de nos stages se fait toujours en collaboration avec les entraîneurs résidents. On essaye assez souvent d’organiser des entraînements communs entre le collectif France et les athlètes Enfin l’année dernière dans le cadre de notre préparation aux championnats du Monde à Mexico en altitude nous avons utilisé la chambre hypoxique de CNE de tennis à Paris. Nous avons été parfaitement accueillis et nous allons essayer de garder le contact avec ce très beau centre pour casser la routine de l’entraînement.

 

 

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